dimanche 1 février 2026

Annie Sullivan & Helen Keller - Joseph Lambert


21 octobre 2013
96 pages


Pour ceux qui l'ignoreraient, Helen Keller fait partie des figures féminines que j'admire le plus pour tout ce qu'elle fut : une enfant lourdement handicapée qui, une fois sortie de sa nuit, se révéla d'une intelligence et d'une force de caractère tout à fait extraordinaires.

Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai lu et relu le roman pour la jeunesse de Lorena A. Hickok, où j'ai visionné le film "Miracle en Alabama". Deux oeuvres que je vous conseille si vous les connaissez pas !
Je possède d'ailleurs aussi dans ma bibliothèque les livres écrits par Helen Keller elle-même bien que ces derniers n'aient pas été traduits en français.

Autant dire que cela faisait un moment que je me disais que ce roman graphique manquait à ma collection et, bien sûr, une fois que je l'ai eu entre les mains, je n'ai pas su résister longtemps avant de le dévorer !

Cet ouvrage reprend, bien sûr, l'histoire d'Helen au moment crucial où elle découvrir le rapport entre les choses et leurs noms, une étape incontournable pour quiconque souhaite écrire sur Helen Keller !
Mais bien que connaissant ce moment unique par coeur, j'ai été profondément touchée par la manière dont il est représenté par le trait graphique. Car ici, l'auteur s'applique à nous laisser entrevoir le ressenti d'Helen et sa manière d'entrevoir le monde. Il nous montre alors le "flash" qui eu lieu dans l'esprit de cette fillette comme une lumière dans sa nuit.

Souvent, c'est au moment de cette découverte essentielle que le récit s'arrête alors qu'ici, l'accent est mis sur la soif d'apprendre d'Helen, sur son apprentissage de chaque nouveau mot et puis de l'écriture, de la lecture et de la découverte du monde dans son ensemble à la manière d'un jeune enfant s'éloignant chaque jour un peu plus de sa zone de confort qu'est le cocon du foyer.
Et toujours avec le ressenti d'Helen qui m'a fait frissonner.

Mais cet ouvrage, c'est aussi la mise en lumière de la vie d'Annie Sullivan avant sa rencontre avec Helen. Une vie douloureuse qui explique son caractère fort et indomptable. Une enfance où elle se retrouva seule avec son jeune frère dans un asile pour personnes démentes, où elle failli perdre la vue et où elle dû affronter la solitude puis la mort.
J'ai alors trouvé très intéressant de mettre davantage l'accent sur cette femme sans laquelle Helen Keller ne serait jamais devenue celle que l'on connaît.

Mon seul regret sur cette lecture serait l'apprentissage trop elliptique de la lecture et de l'écriture qui auraient mérité davantage de développement.
De même, la fin, même si elle montre toujours Helen en train d'apprendre de plus en plus de subtilités sur le monde, est un peu en queue de poisson et appelle à une suite.