Un huis-clos en plein air
Un roman, c'est avant tout une ambiance créée par l'auteur et, dans le cas présent, l'autrice sait nous offrir tout un cadre par lequel on se laisse envoûter. Nous voici donc au coeur d'une petite communauté perdue au milieu de la montagne et vivant selon les moeurs d'un autre temps dans un entre-soi à la fois perturbant et qui, à certains égards, pourrait presque faire envie quand on éprouve le besoin de s'éloigner du monde.
Mais cette communauté en apparence tranquille va très vite se révéler plus inquiétante avec, notamment, une éducation très dure faite aux enfants dans un esprit très sectaire avec une angoisse qui va peu à peu monter dans l'esprit du lecteur.
Et si l'ensemble est très bien construit, je regrette malgré tout quelques longueurs dans un esprit très contemplatif qui ont un peu noyé l'enquête elle-même.
Un thriller efficace quoique lent
Dès l'épilogue, le ton est donné : la disparition d'une jeune fille dans d'étranges circonstances et le remords de l'ami qui l'accompagnait. Peu original, certes, mais toujours efficace dans le genre du thriller.
Des années plus tard, Rebekka, une adolescente de la communauté disparaît à son tour. L'amie de la première disparue, devenue journaliste stagiaire, va se lancer dans l'enquête dans l'idée de découvrir, dans le même temps, ce qui est arrivé 10 ans plus tôt.
Dans le même temps, l'institutrice du village en contrebas va tenter de pénétrer la communauté des hauteurs et c'est peu à peu que le lecteur va découvrir les secrets de ce groupe jusqu'à la révélation finale.
L'enquête avance peu à peu, peut-être un peu trop lentement à mon goût d'ailleurs mais sait nous réserver son lot de surprises notamment grâce à la multitude de points de vues.
Un roman chorale
Car c'est bien le genre du roman chorale qui fait toute la force de ce roman avec une multitude de points de vues qui permet de comprendre un peu plus chaque personne qui, de l'extérieur, peuvent chacun nous paraître bien étrange.
Ainsi, l'autrice nous entraîne avec ses personnages dans leurs modes de vie et de pensée avec des scènes particulièrement intenses qui savent très bien transmettre l'angoisse et la peur mais aussi des réflexions individuelles comme celle de la petite Edith qui se révèle être le jour et la nuit entre ce qu'elle paraît être et ce qu'elle est vraiment.
C'est aussi le fait du roman chorale qui donne peu à peu au lecteur des indices sur ce que l'enquête ne peut pas savoir et entre autre sur la situation de Rebekka.
Mais sans doute la chorale aurait pu perdurer jusqu'au terme du roman qui, à mon sens, se termine un peu en queue de poisson et manque de développement face à roman où tout est très développé.
Un thriller efficace dans les grands espaces montagnards où l’enquête est secondaire face à un roman chorale où prévaut la vie d’une communauté sectaire qui se laisse pas de marbre.
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